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3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 17:27

Lorsque l'on cherche à capter l'attention d'un amateur d'automobile sportive, un bon moyen consiste à lui faire essayer le ou les modèles  qui correspondent à ses attentes.

Encore faut-il que l'occasion se présente, à moins de la provoquer en allant au-devant du prospect qui ne pense pas forcément Lotus quand il envisage l'achat d'une voiture sportive.

C'est probablement ce qui a conduit Christophe Le Guillou, Président de CLG Motors,  à organiser deux demi-journées d'essai sur circuit et route des modèles phares de la gamme Lotus.

Ayant eu la chance d'être convié à partager la matinée avec une douzaine et demie de participants, nous avons été accueillis sur le circuit de Lohéac. Il en sera de même pour les participants de l'après-midi.

A l'occasion du mot d'accueil de l'initiateur de cet évènement, nous avons appris que CLG Motors allait ouvrir une nouvelle agence à… Antibes, ce breton d'origine ayant toujours des attaches professionnelles dans le Sud.

La gestion sportive de la journée ayant été confiée à l'école de pilotage "conduire à Lohéac", nous avons eu ensuite un briefing rappelant à tous les notions élémentaires de transferts de charges et de trajectoires.

Les 3 Lotus et les 2 Maserati mises à disposition pour les essais. Et une invitée surprise !

Les 3 Lotus et les 2 Maserati mises à disposition pour les essais. Et une invitée surprise !

Ce petit cours théorique a été suivi d'un repérage du circuit, de ses trajectoires et points de freinage recommandés en prenant place à bord d'un Grancabrio, rien que ça. Pas vraiment surprenant puisque l'établissement est également concessionnaire Maserati (dont il était aussi possible d'essayer deux modèles).  Comme ce grand cabriolet peut facilement embarquer quatre personnes, cette phase a été rondement menée, à un rythme et une ambiance sonore… de Maserati ! De quoi constituer une belle entrée en matière.

pardonnez l'expression, mais l'Evora 410 a un c… d'enfer !

pardonnez l'expression, mais l'Evora 410 a un c… d'enfer !

Il ne restait plus qu'à passer à la pratique, avec trois Lotus à notre disposition, deux pour essais sur circuit et une pour un essai routier.

LOTUS EXIGE S

Le hasard de la programmation des participants m'a fait commencer par l'Exige S. J'ai déjà eu l'occasion de prendre en main une V6 de 350 ch l'année dernière, mais c'est non sans excitation que je me suis installé à bord. Si l'accès est toujours un peu fastidieux, il est facile de trouver une excellente position de conduite, bien calé dans le baquet.

Si l'habitacle est toujours aussi contenu que les précédents modèles, l'enveloppe extérieure apparaît plus volumineuse, impression confirmée par les dimensions réelles, avec 10 cm de plus en largeur et plus de 30 cm supplémentaires en longueur par rapport à mon Elise.

L'extracteur et l'aileron ne sont pas là pour la frime

L'extracteur et l'aileron ne sont pas là pour la frime

Au coup de démarreur on entend le grondement du V6 qui sous-entend la présence d'une belle cavalerie. A l'enclenchement de la première je suis une nouvelle fois surpris par la raideur de la pédale d'embrayage, alors qu'ensuite je n'y prêterai plus attention, les rapports, au guidage très précis, passant avec facilité, aussi bien à la montée qu'à la descente de ceux-ci.

Départ pour une séance mémorable

Départ pour une séance mémorable

La poussée du moteur est plutôt linéaire et constante à tous les régimes et elle emmène le poids contenu de l'auto dans des accélérations spectaculaires. La souplesse de la mécanique évite d'aller chercher les plus hauts régimes tout en bénéficiant d'une belle relance à chaque changement de rapport.

Au premier freinage on est également surpris par sa puissance, avec l'impression d'avoir planté les pneus dans le bitume. Le grip des pneus est de haut niveau. Si l'Exige est livrée de série avec des Michelin Pilot Sport Cup 2, notre auto était chaussée de Yokohama A052, successeurs des A048, qui offraient également un grip de haut niveau. La direction est typiquement Lotus, c'est-à-dire d'une précision rare.

La super bonne idée de CLG Motors Rennes
La super bonne idée de CLG Motors Rennes

Malgré une augmentation importante du poids par rapport à l'Elise de base, la balance reste très vive, et on ne ressent pas une augmentation de l'inertie dans les enchaînements dans la même proportion que la prise de poids.

Une fois de plus, j'ai été très impressionné par la facilité de prise en main de l'auto, son très haut niveau de performance, même si j'ai été loin d'aller chercher ses limites. Voilà une auto qui peut vous emmener sur un circuit par ses propres moyens mais aussi vous promener en balade, la souplesse du moteur permettant d'adopter tous les rythmes possibles.

LOTUS ELISE SPORT 220

Bien sûr, passer au volant de l'Elise 4 cylindres après un tour en Exige V6 ne pouvait que donner un premier sentiment de régression, le menu proposant un plat nettement moins épicé.

En dimensions extérieures cette version garde la compacité des Elise avec  une silhouette  retravaillée. Les modifications les plus apparentes concernant les deux entrées d'air encadrant la calandre à la façon de l'Exige V6 et les feux arrière avec deux des quatre feux à la dimension réduite. L'extracteur est lui de dimensions imposantes.

La super bonne idée de CLG Motors Rennes

Il est toujours très facile de trouver une position de conduite adaptée à la conduite sportive, bien calé dans le baquet, le volant ne servant qu'à diriger l'auto sans avoir à se raccrocher à lui dans les virages. La finition intérieure a beaucoup progressé au fil des années même si la dotation en accessoire est toujours minimaliste.

Petite surprise dès le départ en ce qui concerne la sélection de boite. Si l'Elise bénéficie de la même tringlerie apparente que celle de l'Exige, le guidage est plus flou. Cette impression sera confirmée tout au long des tours avec, parfois, un rétrogradage en seconde un peu récalcitrant. Il faut bien décomposer au détriment de la rapidité d'exécution. L'auto est neuve et a peut-être besoin d'un réglage en atelier.

La super bonne idée de CLG Motors Rennes

Le 4 cylindres compressé, très coupleux, est très souple à bas régime et pousse fort jusqu'au régime maxi.

L'agilité extraordinaire de cette sportive sans équivalent est toujours là. Le freinage sera parfait avec une attaque plus franche en début de freinage. Sans doute gagnerait-on à choisir un autre type de plaquettes que celle montées sur l'auto. En somme de petits défauts qu'il  doit être aisé de corriger.

L'auto est beaucoup moins rustique que les précédentes générations. Le confort général a nettement progressé et l'insonorisation ne soumet plus les occupants à tous les bruits provenant du compartiment moteur qui accompagnent les occupants d'une S1.  

La Sport 220 est toujours une Elise aussi captivante, avec un niveau élevé de performances (0 à 100 km/h en 4"6), tout en alliant sport et confort.

EVORA 410

Avec l'Evora on change de monde. Nous ne sommes plus dans le sport à l'état le plus fondamental mais dans le Grand tourisme. C'est pourquoi son essai nous était proposé dans l'élément qui lui convient le mieux : la route.

Cette version affiche un look résolument sportif mais sans ostentation. L'aérodynamique a été travaillée pour apporter encore plus d'appui tout en se passant d'un aileron imposant. L'auto est vraiment jolie.

La super bonne idée de CLG Motors Rennes

L'accès à bord est nettement plus aisé que dans une Exige alors que le principe du génial châssis central en baignoire d'aluminium a été conservé. L'ambiance intérieure est beaucoup plus cossue que ce à quoi nous sommes habitués, mais il s'agit d'une routière  pensée pour le confort de ses passagers.

Sur notre modèle d'essai, pas de levier de vitesse, nous avons affaire à une boite automatique à 6 rapports. Il est décidé de lui laisser l'initiative pour ce galop d'essai sur petites routes départementales et de ne pas recourir aux palettes au volant que l'on utiliserait plus volontiers en montagne ou sur circuit.

La super bonne idée de CLG Motors Rennes

Pied sur la pédale de frein et appui sur le bouton Start, le V6 de 416 ch se réveille. Départ en douceur en quittant le circuit avec un appui modéré sur l'accélérateur. La boite passe les rapports avec une extrême douceur. La suspension gomme les irrégularités de la chaussée alors que la direction, très Lotus, reste très informative.

Nous haussons le rythme. La boite réagit aussitôt pour effectuer les relances alors que les virages s'effacent avec facilité. Bien sûr, avec cette belle routière, les sensations sont moins accentuées que dans une pistarde mais le plaisir de conduire est bien présent. A propos de sensations, celle qui s'estompe le plus est celle de vitesse. Alors que l'on pense rouler à une vitesse "politiquement" correcte, un coup d'œil sur le compteur vous indique que vous êtes 50 % au-dessus !

Mais, par contre, s'il s'agit de dépasser un véhicule lent, il suffit d'écraser l'accélérateur pour que la boite descende instantanément plusieurs rapports pour vous catapulter en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire.

Et pour le fun, si on enclenche le mode sport, à chaque descente d'un rapport, on a droit à un coup de gaz façon double débrayage. Totalement inutile, mais très fun pour les grands enfants qui auront la chance de conduire cette auto.

Cette versatilité empreinte de souplesse permet d'envisager les plus longs déplacements sur tous types de route en toute sécurité, sans fatigue, mais avec un réel plaisir.

LA CERISE SUR LE GÂTEAU

Il a été proposé, à ceux qui le souhaitaient (et ils furent nombreux à le souhaiter), de pouvoir faire deux tours de baptême à bord d'une 2-Eleven.

C'est parti pour deux tours de manègeC'est parti pour deux tours de manège

C'est parti pour deux tours de manège

Elle était conduite, pardon, pilotée par Arno, de "Conduire à Lohéac" qui connait cette auto par cœur, tout comme le circuit lui-même. Bien sanglé dans le baquet du passager, j'ai pu me régaler des sensations procurées par cette auto de plus de 250 ch pour moins de 700kg chaussée de slicks.

Pas de doute, c'est bien un châssis d'Elise

Pas de doute, c'est bien un châssis d'Elise

Menée de main de maître, l'auto donne l'impression d'être dans un gros kart à boite, tout en voyant le film de la chevauchée en accéléré. Ce fut aussi l'occasion de prendre une leçon de pilotage supplémentaire.

AU FINAL

Nous avons pu essayer en un temps concentré trois voitures différentes mais partageant en commun, chacune à leur manière, les qualités qui ont fait la réputation de la marque : agilité, tenue de route, freinage, facilité de conduite…

Au fil des décennies l'espèce a évolué mais a conservé son patrimoine génétique. Espérons qu'il en sera de même pour les futures générations de Lotus

J'ai trouvé l'idée de CLG Motors à la fois innovante et intéressante. Je pense que cette initiative peut être un excellent moyen de conquérir de nouveau adeptes de la marque. Et ceux qui ont pu bénéficier de cette opportunité ne manqueront pas de faire circuler l'information de bouche à oreille et démultiplier ainsi l'impact d'une telle démarche.

Une contribution financière était demandée aux participants qui apparait très logique au vu des moyens mobilisés.

DE L'ART DU COACHING

Parmi la logistique mise en œuvre au cours de cette journée d'essais, il y avait l'école de pilotage "Conduire à Lohéac". L'équipe était nombreuse, avec Emma pour la gestion des sessions d'essais et Arno comme responsables des coaches. Chaque auto avait un  coach attitré qui accueillait chaque "essayeur" d'un jour à bord de l'auto.

Les coaches, justement, forment, comme toute corporation, une population variée.

Il y a le coach mutique, à qui j'ai eu affaire un jour. A peine trois mots en six tours de circuit. Autant dire aussi utile qu'un SDS (sac de sable).

Il y a le coach rabat-joie qui vous dit sans arrêt d'accélérer moins fort et de freiner plus tôt. Je n'ai pas pratiqué mais on m'a raconté. C'est forcément très frustrant.

Le coach : il est là pour élever votre niveau de pilotage

Le coach : il est là pour élever votre niveau de pilotage

Il  y a le coach type "Conduire à Lohéac". Il vous accueille à bord avec sourire et décontraction. Il s'assure d'abord que vous êtes bien installé, avec une position de conduite optimale. Dès les premiers virages il détecte vos erreurs et ce que vous faites bien. Il enchaîne sur une succession de conseils (mais pas tous à la fois…) pour vous amener à plus d'efficacité avec une sécurité accrue. Progressivement, la petite crainte d'être jugé sur son pilotage fait place à une confiance en soi accrue.

Cette pédagogie porte beaucoup sur les trajectoires, les prises de freins, l'intérêt de garder un peu de frein à tel endroit pour mieux placer le train avant, la façon d'adapter la trajectoire d'une courbe précédant une longue ligne droite pour gagner en vitesse de sortie qui sera conservée sur une longue distance. Ce sont des conseils qui s'appuient sur de la théorie appliquée à l'instant présent.

Je sais que la prochaine fois que je tournerai sur le circuit de Lohéac je ne piloterai plus tout à fait comme avant, juste pour le plaisir du pilotage le plus efficace possible. Mais une piqure de rappel de temps en temps ne pourrait pas me faire de mal.

CLG MOTORS, ZA du Triangle Vert 35520 La Mézière     02 99 30 80 00    https://lotusrennes.com/

www.conduirealohac.fr

Plus d'informations sur l'actualité Lotus avec :

 https://www.motors-addict.com/fr/news/supercars/lotus

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